Économie — Résumé complet pour l'examen de juin

Pauline Aubry · 6ème B/K · Mme Permentier · Année 2025–2026
Bilan juin 2026
🇪🇺

L'Union Européenne

Histoire · Institutions · Processus de décision · Compétences

Pays, zones et dates clés

Objectif
Reconnaître les 27 pays, la zone euro (20), l'espace Schengen (26), les candidats à l'adhésion
🇪🇺 UE — 27 pays (depuis 2020)

Après le Brexit (2020), le Royaume-Uni a quitté l'UE. Il reste 27 États membres.

💶 Zone euro — 20 pays

Lancée en 1999 (transactions électroniques), billets et pièces en 2002. La Croatie est le 20ème membre (depuis 2023).

Espace Schengen : 29 pays — Libre circulation des personnes (pas de contrôle aux frontières intérieures). ≠ UE : l'Irlande est dans l'UE mais hors Schengen ; la Norvège est dans Schengen sans être dans l'UE. La Bulgarie et la Roumanie ont rejoint Schengen en 2025 (frontières terrestres incluses).

Les 27 États membres — Zone euro et Schengen

Pays 💶 Zone euro 🛂 Schengen
Allemagne
France
Italie
Espagne
Portugal
Pays-Bas
Belgique
Luxembourg
Autriche
Finlande
Irlande❌ opt-out
Grèce
Slovénie
Slovaquie
Estonie
Lettonie
Lituanie
Malte
Chypre❌ (pas encore)
Croatie✅ (2023)✅ (2023)
Suède
Danemark
Pologne
Rép. tchèque
Hongrie
Bulgarie✅ (2025)
Roumanie✅ (2025)
+ 4 pays Schengen hors UE : Norvège · Islande · Suisse · Liechtenstein
Totaux : Zone euro = 20 pays · Schengen = 29 pays (25 UE + 4 hors UE) · UE hors zone euro = 7 pays · UE hors Schengen = 2 pays (Irlande, Chypre)
Pays candidats à l'adhésion :
  • Turquie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Albanie, Moldavie, Ukraine, Bosnie-Herzégovine
Dates clés à retenir :
1951 — CECA (6 pays fondateurs : France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg)
1957 — Traité de Rome → CEE
1973 — +3 (Royaume-Uni, Irlande, Danemark)
1995 — +3 (Autriche, Finlande, Suède)
1999 — Zone euro lancée (transactions électroniques)
2002 — Billets et pièces en euros
2004 — +10 pays (principalement Europe de l'Est)
2013 — Croatie rejoint l'UE → 28 membres
2020 — Brexit : Royaume-Uni quitte l'UE → 27 membres
2023 — Croatie rejoint la zone euro → 20ème pays
Chiffres clés : ~450 millions d'habitants dans l'UE · ~32 000 fonctionnaires européens · Budget UE ≈ 200 milliards €/an (2025)
Objectif
Définir un traité et donner un exemple
Traité : Accord juridique contraignant entre États membres, qui définit les règles de fonctionnement de l'UE et ses compétences. Exemples : Traité de Rome (1957, création CEE), Traité de Maastricht (1992, création UE + critères convergence), Traité de Lisbonne (2007).

Les 7 institutions européennes

Objectif
Citer et reconnaître les 7 institutions — rôles, composition, localisation, personnalités
🏛️

Conseil européen

Définit les grandes orientations politiques de l'UE. Réunit les chefs d'État/gouvernement des 27.

Président : António Costa (jusqu'en déc. 2026) · Bruxelles · Pas de pouvoir législatif direct

⚙️

Commission européenne

Exécutif de l'UE. Seule institution avec le droit d'initiative législative. Garde la traité.

Présidente : Ursula von der Leyen (jusqu'en 2029) · Commissaire belge : Hadja Lahbib · Bruxelles

🤝

Conseil de l'UE

Réunit les ministres compétents des 27 États. Vote les lois avec le Parlement (codécision). Présidence tournante.

Présidence : Chypre (jusqu'en juin 2026) · Bruxelles

🗳️

Parlement européen

Représente les citoyens européens. Élit tous les 5 ans. Co-législateur avec le Conseil de l'UE.

720 députés · 22 Belges · 8 groupes politiques · Strasbourg/Bruxelles/Luxembourg

⚖️

CJUE

Cour de Justice de l'UE. Interprète le droit européen, règle les litiges entre États/institutions.

📍 Luxembourg

🔍

Cour des comptes

Contrôle financier : vérifie que le budget UE est utilisé légalement et efficacement.

📍 Luxembourg

💶

BCE — Banque Centrale Européenne

Gère la politique monétaire de la zone euro. Objectif : inflation ≈ 2%. Utilise les taux directeurs.

Présidente : Christine Lagarde · Gouverneur BNB belge : Pierre Wunsch · 📍 Francfort

Les 8 groupes politiques au Parlement européen (2024–2029) :
PPE 188 · S&D 136 · Patriots 84 · ECR 78 · Renew 77 · GUE/NGL 46 · Verts/ALE 53 · ESN 25 · Non-inscrits 32

Processus de décision et instruments législatifs

Objectif
Définir la procédure ordinaire, le droit d'initiative et la subsidiarité. Identifier les instruments législatifs.
Procédure ordinaire (codécision) : La Commission propose une loi → le Parlement européen et le Conseil de l'UE votent ensemble. Les deux doivent être d'accord.
Droit d'initiative : Seule la Commission peut proposer des lois. Exception : initiative citoyenne = 1 million de citoyens, dans au minimum 7 États membres.
Subsidiarité : L'UE n'agit que si l'objectif est mieux atteint au niveau européen qu'au niveau national. Sinon, les États restent compétents.
Les 5 instruments législatifs :
InstrumentNatureDestinataires
RèglementContraignant, directement applicable dans tous les ÉtatsTous
DirectiveContraignante sur l'objectif, transposition nationaleÉtats membres
DécisionContraignante pour ses destinataires spécifiquesDestinataires précis
RecommandationNon contraignante (avis)Tous
AvisNon contraignant (position)Tous
Objectif
Reconnaître les compétences exclusives, partagées et d'appui de l'UE
Exclusives (UE seule)
  • Union douanière
  • Règles de concurrence
  • Politique monétaire (zone €)
  • Pêche (gestion ressources)
  • Politique commerciale commune
Partagées (UE + États)
  • Marché unique
  • Agriculture
  • Environnement
  • Transports
  • Énergie, Justice, Migration
D'appui (États en priorité)
  • Santé publique
  • Industrie, Culture
  • Tourisme
  • Éducation, Sport
Budget UE 2025 ≈ 200 milliards € : 64% contributions des États membres · 16% TVA · 14% droits de douane · reste = autres recettes
🏛️

Le rôle de l'État

Systèmes économiques · Courants de pensée · Fonctions · Budget belge

Systèmes économiques

Objectif
Reconnaître les caractéristiques, avantages et inconvénients des économies libres, planifiées et mixtes
Critère Économie de marché (libre) Économie planifiée Économie mixte
PropriétéPrivéeCollective (État)Mixte
DécisionsMarché (offre/demande)État (plan)Marché + État
IdéologieCapitalisme / LibéralismeCommunisme / SocialismeSocial-démocratie
ExemplesUSA, Hong KongURSS (hist.), Cuba, Corée du NordBelgique, France, la plupart des pays
AvantagesInnovation, efficacité, libertéÉgalité, planification ressourcesÉquilibre efficacité + protection sociale
InconvénientsInégalités, crises, chômageInefficacité, manque de libertéComplexité, risque déséquilibres

Courants de pensée économique

Objectif
Différentier les grands courants vis-à-vis du rôle de l'État — comparer les deux grandes idéologies
CritèreClassiques / NéoclassiquesKeynésiens
Rôle de l'ÉtatMinimal (État gendarme)Interventionniste
MarchéS'autorégule (main invisible)Défaillant → nécessite intervention
EmploiChômage volontaire, salaires flexiblesChômage involontaire, demande insuffisante
Dépenses publiquesÀ minimiser (efficacité privée)Outil de relance (multiplicateur)
ReprésentantsSmith, Ricardo, Marshall, FriedmanKeynes, Galbraith
Période dominanteXIX–début XX, depuis 19801930s–1970s (après crise 1929)
Monétaristes (Friedman) : variante classique. Priorité à la politique monétaire (contrôle masse monétaire) pour stabiliser l'économie. Contre l'intervention budgétaire.
État gendarme : fonctions régaliennes uniquement (police, armée, justice) + cadre légal + quelques biens collectifs.
État providence : en plus = redistribution des revenus, protection sociale, sécurité sociale, services publics étendus.

Les 3 fonctions de l'État

Objectif
Reconnaître les 3 fonctions de l'État et leur objectif + biens collectifs
1. Production

Fournir des biens collectifs (non-exclusion + non-rivalité) que le marché ne produit pas : défense nationale, justice, éclairage public, routes.

2. Redistribution

Réduire les inégalités via impôts progressifs, allocations, pensions, soins de santé. Levier : impôts directs + prestations sociales.

3. Régulation

Corriger les défaillances du marché : réguler la concurrence, corriger les externalités négatives (pollution), réguler les monopoles.

Ressources et dépenses de l'État

Objectif
Citer les 5 types de ressource + top 3 recettes. Reconnaître le top 3 des dépenses.
5 sources de revenus :
  • Impôts indirects (TVA, accises sur alcool/tabac/carburant)
  • Impôts directs (IPP = impôt sur les personnes physiques ; ISOC = impôt des sociétés)
  • Cotisations sociales (ONSS — employeurs + travailleurs)
  • Recettes non fiscales (amendes, ventes, dividendes d'entreprises publiques)
  • Emprunts (émission d'obligations d'État)
Top 3 recettes : 1. Cotisations sociales · 2. IPP · 3. TVA
Top 3 dépenses (2024) :
  • Pensions : 21,4 €/100 dépensés
  • Soins de santé : 14,8 €/100
  • Enseignement : 11,7 €/100

Les dépenses sociales (pensions + santé + allocations) représentent la grande majorité du budget de l'État.

Sécurité sociale — ONSS

Objectif
Reconnaître les 7 branches de la Sécurité Sociale et ses sources de financement
ONSS = Office National de Sécurité Sociale. Collecte les cotisations sociales des employeurs et travailleurs. Financé principalement par les cotisations sociales + subsides de l'État.
1. ONP

Office National des Pensions → pensions de retraite et survie

2. ONEM

Office National de l'Emploi → allocations de chômage

3. INAMI

Maladie-Invalidité → remboursements soins de santé

4. FAMIFED

Allocations familiales (enfants)

5. ONVA

Office National Vacances Annuelles → pécule de vacances

6. FAT

Fonds Accidents du Travail

7. FMP

Fonds Maladies Professionnelles

Budget, déficit, dette et effet boule de neige

Objectif
Définir budget/déficit/dette · Expliquer l'effet boule de neige · Citer niveaux belges 2025 · Risques et solutions
Budget : Prévision annuelle des recettes et dépenses de l'État.
Déficit budgétaire : Dépenses > Recettes (budget en déséquilibre négatif).
Dette publique : Accumulation des déficits passés. L'État doit rembourser + payer des intérêts.
Belgique 2025 : Déficit = 5,2% du PIB = 25,5 milliards € (critère Maastricht : max 3%)
Dette = 565 milliards € = 106% du PIB (critère Maastricht : max 60%)
Note de crédit S&P : AA → dégradée en AA−
⚡ Effet boule de neige :
Déficit budgétaire
Emprunt sur les marchés
Dette augmente
Intérêts à payer ↑
Dépenses ↑ → Déficit ↑
🔄

La dette grossit comme une boule de neige : les intérêts creusent de nouveaux déficits, qui nécessitent de nouveaux emprunts...

Solutions pour réduire le déficit :
  • Augmenter les recettes (hausse impôts, lutte fraude fiscale)
  • Diminuer les dépenses (réformes pensions, soins de santé)
  • Croissance économique (plus de recettes automatiquement)
Risques d'une dette élevée :
  • Dégradation de la note de crédit → taux d'intérêt plus élevés
  • Moins de marge pour politiques de relance
  • Dépendance aux marchés financiers
  • Charge pour les générations futures
Pays les plus endettés de l'UE : Grèce (~165% PIB), Italie (~140%), Portugal (~130%), Espagne (~115%), France (~112%), Belgique (~106%). Critère Maastricht : dette < 60% PIB.
Politiques économiques de l'État : monétaire (BCE pour zone €) · budgétaire (recettes/dépenses) · fiscale (impôts) · industrielle (soutien secteurs) · concurrence · douanière (barrières commerciales)
👷

Chapitre 9 — Le marché du travail

Approche classique · Approche keynésienne · Statistiques · Types de chômage · Politiques

Approche classique du marché du travail

Objectif
Comparer les deux analyses (tableau classiques vs keynésiens) — reconnaître l'approche classique
Théorie classique : Le marché du travail fonctionne comme n'importe quel marché. Le salaire est le prix du travail. Il s'ajuste automatiquement pour équilibrer offre et demande de travail (main invisible). Pas besoin d'intervention de l'État.
Offre de travail

Les travailleurs offrent leur travail. La courbe est croissante : plus le salaire est élevé, plus de travailleurs veulent travailler.

Paramètres : démographie, taux d'activité, durée légale du travail, allocations, niveau de vie...

Demande de travail

Les entreprises demandent du travail. La courbe est décroissante : plus le salaire est élevé, moins les entreprises embauchent.

Paramètres : niveau de production, productivité des travailleurs, politique économique, progrès technique...

Graphique du marché du travail (théorie classique)

Q W E Offre (O) Demande (D) W₁ W* Q* Qd Qs CHÔMAGE (excès d'offre : Qs > Qd) PÉNURIE (excès de demande : Qd > Qs) Quantité de travail Salaire (W)
Mécanisme classique d'autorégulation :
Si W > W* (trop élevé) → Offre > Demande → chômage → pression à la baisse sur W → retour à W* automatiquement
Si W < W* (trop bas) → Demande > Offre → pénurie → pression à la hausse sur W → retour à W*
Conclusion classique : Le marché du travail revient toujours à l'équilibre sans intervention de l'État.
Interro 1 — Q1 : Dessiner le graphique du marché du travail classique avec zones chômage et pénurie. Q1d : Expliquer l'effet d'un salaire trop élevé. Q1e : Lien rigidités → chômage structurel. Q1f : Limite classique si salaire trop bas.
⚠️ Limites de la théorie classique :
  • Si les salaires sont trop bas → le pouvoir d'achat (PA) des ménages diminue → consommation baisse → entreprises vendent moins → licencient → plus de chômage (paradoxe !)
  • Les salaires sont rigides à la baisse (syndicats, salaire minimum légal)
  • Les marchés ne sont pas parfaits (monopoles, asymétries d'information)
  • Le chômage peut persister même avec des salaires flexibles (chômage structurel)

Approche keynésienne du marché du travail

Objectif
Reconnaître l'approche keynésienne et le rôle de l'État selon Keynes
John Maynard Keynes (1883–1946) : Le niveau d'emploi dépend de la demande effective (= demande anticipée par les entreprises). Si la demande est insuffisante, les entreprises n'embauchent pas, même si les salaires baissent. Il n'y a pas de mécanisme automatique de retour au plein emploi → l'État doit intervenir.

Cycle du chômage keynésien

Demande globale insuffisante
Entreprises produisent moins
Licenciements ↑ chômage
↓                                         ↑
Consommation ↓
Revenus des ménages ↓
Chômeurs ont moins de revenus

⟳ Spirale déflationniste — Le marché ne se corrige pas seul selon Keynes

Solution keynésienne : L'État doit relancer la demande globale via :
· Augmenter les dépenses publiques (investissements publics, travaux, emplois publics)
· Baisser les impôts (plus de pouvoir d'achat pour les ménages)
→ Produit un effet multiplicateur : 1€ dépensé par l'État génère plus d'1€ de croissance
Formule : Y = C + I + G + (X−M) où G = dépenses gouvernementales
⚠️ Limites de la théorie keynésienne :
  • Stagflation des années 1970 : stagnation économique + inflation simultanées → échec des recettes keynésiennes
  • Creuse les déficits publics → risque d'effet boule de neige
  • Risque d'inflation si relance trop forte
  • Effet d'éviction : l'emprunt public peut réduire l'investissement privé
Interro 1 — Q2 : Rôle de l'État selon Keynes (relancer demande globale). Q3 : Tableau classique vs keynésien sur effet baisse salaires.
Objectif clé — Tableau à maîtriser
Tableau comparatif complet : Classiques vs Keynésiens
Critère🔵 Classiques🟠 Keynésiens
Rôle de l'offrePriorité — Loi de Say : l'offre crée sa propre demandeSecondaire
Rôle de la demandeSecondairePriorité — demande effective
Équilibre marchéAutomatique (main invisible)Pas automatique → État doit intervenir
Type de chômageVolontaire (salaire trop élevé)Involontaire (demande insuffisante)
Cause du chômageSalaires trop rigides/élevésDemande effective insuffisante
Chômage possibleMomentané (transitoire)Durable
Niveau d'analyseMicroéconomiqueMacroéconomique
Solution au chômageBaisser salaires, flexibilitéRelance budgétaire, dépenses publiques
Si salaires baissent →✅ Entreprises embauchent plus → emploi ↑❌ PA baisse → conso ↓ → prod ↓ → emploi ↓
Rôle de l'ÉtatMinimal (État gendarme)Interventionniste (régulateur)

Statistiques du marché du travail belge

Objectif
Définir le chômeur BIT · Calculer taux d'activité, emploi, chômage · Connaître les stats belges (T3 2025)

Schéma de la population active belge (T3 2025)

Population totale belge ≈ 11,7 millions
Population en âge de travailler (15–64 ans)
≈ 7 426 000
Population active ≈ 5 497 000
Actifs occupés
≈ 5 140 000
Chômeurs BIT
≈ 351 000
Pop. inactive
≈ 2 127 000
(étudiants, retraités, personnes au foyer...)
Moins de 15 ans ou plus de 64 ans
(hors âge de travailler)
Chômeur BIT (Bureau International du Travail) = 3 conditions simultanées :
1. Sans emploi (ne travaille pas du tout)
2. Disponible dans les 15 jours pour prendre un emploi
3. En recherche active d'emploi (démarches concrètes)
Formules des taux :
Taux d'activité = Population active / Population en âge de travailler (15–64 ans)
Taux d'emploi = Population active occupée / Population en âge de travailler (15–64 ans)
Taux de chômage = Nombre de chômeurs BIT / Population active
72,1%Taux d'activité (Belgique T3 2025, base 15–64 ans)
72,7%Taux d'emploi (Belgique T3 2025, base 20–64 ans — méthode Eurostat)
6,5%Taux de chômage BIT (T3 2025)
351 000Chômeurs BIT en Belgique
Statistiques régionales (T3 2025) :
🟡 Bruxelles : 13,1% de chômage · 🟢 Flandre : 3,8% · 🔵 Wallonie : 7,3%
→ Grandes disparités régionales → chômage structurel lié à l'appariement géographique
Interro 1 — Q6 : Calculer le taux de chômage. Calculer les gains de productivité. Formule : Taux croissance − Gains productivité = Variation emploi. Exemple : 0,5% − 1,1% = −0,6%

Types de chômage et causes du chômage structurel

Objectif
Distinguer et reconnaître tous les types de chômage · Citer les causes du chômage structurel
🔄 Chômage conjoncturel

Lié aux fluctuations du cycle économique. En période de récession, la demande de biens baisse → entreprises licencient. Keynésien.

Solution : politique de relance (keynésienne)

🏗️ Chômage structurel

Inadéquation durable entre l'offre et la demande de travail. Deux causes principales :

  • Appariement : qualifications ≠ emplois disponibles (qualif.) ou localisation (géographique)
  • Rigidités : salaire minimum, syndicats, protection de l'emploi, allocations élevées, coût salarial
↔️ Chômage frictionnel

Temps de transition entre deux emplois. Normal et inévitable. Durée courte. Ex : quelqu'un qui démissionne pour chercher mieux.

🌡️ Chômage saisonnier

Lié aux variations saisonnières de l'activité économique. Ex : tourisme en hiver, agriculture à certaines saisons.

⚙️ Chômage temporaire (technique)

Causé par une panne technique, des intempéries ou une interruption momentanée. De courte durée. Prévu par la loi (allocations de chômage temporaire).

Cas légaux : intempéries, force majeure, raisons économiques, grève (chez d'autres)

Interro 1 — Q5 : Identifier les types de chômage dans des situations données. Exemples donnés : structurel = appariement ; frictionnel = changements d'emplois ; temporaire = panne technique ; saisonnier = tourisme. Q4 QCM : causes et politiques liées aux types.

Gains de productivité et destruction créatrice (Schumpeter)

Objectif
Calculer les gains de productivité · Expliquer la destruction créatrice et l'impact de l'IA
Taux de croissanceGains de productivité = Variation de l'emploi
Exemple : Si croissance = 0,5% et gains productivité = 1,1% → variation emploi = 0,5 − 1,1 = −0,6%
L'emploi diminue de 0,6% (malgré la croissance, les entreprises ont besoin de moins de travailleurs grâce aux gains d'efficacité).
Destruction créatrice (Joseph Schumpeter) : L'innovation économique détruit des emplois et des entreprises obsolètes, mais en crée de nouveaux. Les nouvelles technologies évincent les anciennes. C'est le moteur du progrès économique à long terme.
Emplois détruits / menacés
  • 200 000 emplois bancaires menacés par l'IA d'ici 2030
  • Caissières remplacées par caisses automatiques
  • Chauffeurs (voitures autonomes)
  • Nombreux métiers administratifs et répétitifs
Emplois créés
  • Amazon a créé 30 000 emplois grâce aux nouvelles technologies
  • Data scientists, développeurs IA, ingénieurs robotique
  • Nouveaux métiers de l'énergie verte
  • Créateurs de contenu digital
IA et marché du travail : L'intelligence artificielle est l'exemple contemporain de destruction créatrice. Elle menace certains emplois (traitement de données, service client) mais crée de nouvelles professions. Le défi : permettre la reconversion des travailleurs touchés.

Les 4 politiques de lutte contre le chômage

Objectif clé
Reconnaître les 4 politiques · expliquer le mécanisme · quel type de chômage · classique ou keynésienne ?
# Politique Mécanisme Type de chômage visé Courant
1 Politique macroéconomique
Soutien de la demande globale
Dépenses publiques + investissements → relance activité → entreprises embauchent Conjoncturel Keynésien
2 Allègement du coût du travail
Réductions de charges
Réduire cotisations sociales patronales → travail moins cher → entreprises embauchent plus Structurel (rigidités) Classique
3 Formation professionnelle
Reconversion, qualification
Adapter les compétences des travailleurs aux besoins des entreprises → meilleur appariement Structurel (appariement) Neutre
4 Flexibilisation du marché
Assouplissement des rigidités
Réduire la protection de l'emploi, assouplir contrats → entreprises plus facilement → embauchent plus Structurel (rigidités) Classique
🇩🇰 Modèle danois — Flexisécurité : Combine les 3 éléments :
1. Flexibilité du marché du travail (facile d'embaucher et de licencier)
2. Indemnisations généreuses (allocations de chômage élevées = sécurité)
3. Formation active (politiques de reconversion et d'accompagnement)
→ Taux de chômage très bas + grande adaptabilité économique
Interro 1 — Q4 QCM : identifier politiques anti-chômage. Q8 : article sur chômeurs imposés + analyse politique fiscale.
🌍

Les échanges internationaux

Théories · Libre-échange vs Protectionnisme · OMC · Taux de change · Balance des paiements

Fondements théoriques du commerce international

Objectif (examen : échanges internationaux)
Théorie de l'avantage absolu (Smith) · Théorie de l'avantage comparatif (Ricardo) · Théorie HOS
Adam Smith (1776) — Avantage absolu

Chaque pays doit se spécialiser dans la production du bien pour lequel il est le plus efficace (utilise moins d'heures de travail) et importer les autres.

Exemple classique (heures de travail pour 1 unité) :
ProduitAngleterrePortugalAvantage absolu
Vin120h80h→ Portugal
Drap90h100h→ Angleterre

✅ Solution : Angleterre se spécialise dans le drap, Portugal dans le vin → échange mutuellement bénéfique.

David Ricardo (1817) — Avantage comparatif

Même si un pays est moins efficace dans tout, il a toujours intérêt à se spécialiser dans le bien pour lequel il est relativement moins désavantagé. Chaque pays a toujours un avantage comparatif.

Principe : comparer les coûts relatifs, pas les coûts absolus. Rapport vin/drap dans chaque pays.

Application interro : Belgique/Italie — pralines et pâtes
Belgique : avantage comparatif dans les pralines (production relative plus efficace)
Italie : avantage comparatif dans les pâtes
→ Même si un pays est plus efficace pour les deux, il vaut mieux se spécialiser et commercer.
Théorie HOS — Heckscher, Ohlin, Samuelson — Dotation factorielle

Chaque pays se spécialise dans la production qui utilise intensément son facteur de production le plus abondant (travail, capital, ressources naturelles).

Facteur abondantSpécialisationExemples
Main d'œuvre bon marchéTextiles, assemblageBangladesh, Vietnam, Cambodge
Capital (machines)Automobiles, high-techAllemagne, Japon, Corée du Sud
Ressources naturellesPétrole, mineraisArabie Saoudite, Congo (cobalt)
Terres agricolesAgriculture, élevageUSA, Brésil, Argentine
Critiques des théories classiques
Krugman · Multinationales · Cycle de vie du produit (Vernon)
Paul Krugman (Nobel 2008) — Commerce intrabranche : Des pays similaires échangent des produits similaires (ex: France et Allemagne échangent des voitures). Expliqué par la concurrence imparfaite, les rendements d'échelle croissants (coûts unitaires baissent avec le volume) et la différenciation des produits.
Cycle de vie du produit (Vernon) : Un produit est d'abord fabriqué dans le pays innovateur, puis imité ailleurs, puis les coûts de production se standardisent → fabrication se déplace vers pays à bas coûts. Ex : textile, électronique.
Multinationales : Elles contredisent les théories classiques en produisant là où les coûts sont les plus bas, indépendamment des avantages naturels du pays. Motivations : coûts + conquête de marchés.

Libre-échange vs Protectionnisme

Objectif
Définir le libre-échange et le protectionnisme · avantages/inconvénients · mesures protectionnistes
Libre-échange : Suppression des barrières aux échanges internationaux (droits de douane, quotas, normes...). Permet la spécialisation et la concurrence internationale.
Protectionnisme : Politique qui protège les producteurs nationaux de la concurrence étrangère via des barrières commerciales.
Critère ✅ Libre-échange 🛡️ Protectionnisme
AvantagesSpécialisation, prix plus bas pour consommateurs, innovation, croissanceProtection emplois locaux, industries naissantes, sécurité alimentaire/défense
InconvénientsChômage dans secteurs concurrencés, dépendances, délocalisationsPrix plus élevés, moindre efficacité, risque de guerre commerciale
Soutenu parClassiques, FMI, OMC, BCEProtectionnistes (Trump, certains keynésiens)
Mesures protectionnistes :
💰
Droits de douane

Taxes sur les importations. Ex: tarifs Trump 2025 (10-25%)

📦
Quotas

Limiter la quantité de produits importés

📋
Normes & standards

Normes techniques difficiles à respecter pour les étrangers

💶
Dumping monétaire

Dévaluer sa monnaie pour rendre ses exports moins chers

🏭
Marchés publics nationaux

Privilégier les entreprises nationales dans les appels d'offres

💸
Subventions à l'export

Aider les entreprises nationales à vendre moins cher à l'étranger

Interro 2 — Q4 : Tableau avantages/inconvénients libre-échange vs protectionnisme. Q5 : Citer 3 mesures protectionnistes : taxes douanières, encourager exportations, privilégier entreprises nationales marchés publics.
Actualité (2025) — Guerre commerciale : Donald Trump a imposé des droits de douane réciproques (10–25%) sur de nombreux produits importés aux USA. L'UE a répondu avec des contre-mesures. Le Canada a saisi l'OMC contre les USA. Depuis 2025, la guerre commerciale remet en cause les principes fondamentaux du GATT/OMC.
Objectif
Reconnaître les 5 niveaux d'intégration économique et donner un exemple de chaque
5. Union économique et monétaire — Politiques éco communes + monnaie unique · Ex: UE (zone euro)
4. Union économique — Politiques économiques coordonnées · Ex: UE (27)
3. Marché commun — Libre circulation des biens, services, capitaux ET personnes · Ex: MERCOSUR
2. Union douanière — Tarif extérieur commun (même droits douane vers pays tiers)
1. Zone de libre-échange — Suppression barrières entre membres · Ex: ALENA (USA, Canada, Mexique)
Exemples à connaître :
· ALENA/CUSMA = zone de libre-échange (USA, Canada, Mexique)
· MERCOSUR = marché commun (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay)
· ASEAN = zone de libre-échange (10 pays Asie du Sud-Est)
· UE = union économique et monétaire (pour les 20 pays zone euro)
Interro 2 — Q6 : Identifier les 5 niveaux d'intégration économique. ALENA = zone de libre-échange. MERCOSUR = marché commun.

L'OMC — Organisation Mondiale du Commerce

Objectif
Principes fondateurs et activités principales de l'OMC · Évolution GATT → OMC · Organisations régionales
1947 — GATT (Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce) créé pour libéraliser le commerce mondial après WWII
1986–1994 — Cycle d'Uruguay (négociations)
1995 — OMC remplace le GATT avec des compétences élargies (services, propriété intellectuelle)
2025 — 166 membres · Siège : Genève · Enjeux : guerre commerciale USA/Chine/UE
3 principes fondateurs :
1. Ouverture des frontières

Réduction progressive des barrières douanières entre membres.

2. Nation la Plus Favorisée (NPF)

Tout avantage accordé à un pays doit être accordé à tous les autres membres (non-discrimination).

3. Non-discrimination

Les produits étrangers doivent être traités comme les produits nationaux une fois importés (traitement national).

Activités principales de l'OMC :
  • Négociation des règles commerciales internationales
  • Administration des accords commerciaux
  • Suivi des politiques commerciales des membres
  • Règlement des différends commerciaux entre pays membres
Organisations régionales — points communs et différences :
Points communs : géographie commune, objectif de faciliter le commerce, réduire les conflits.
Différences : niveau d'intégration économique (zone libre-échange, union douanière, marché commun...)
Exemples : ALENA/CUSMA · MERCOSUR · ASEAN · UE · Union Africaine
Interro 2 — Q9 : Article "Made in Europe" — Pékin reproche préjudice aux entreprises chinoises. Contre-mesures = barrières douanières terres rares. Principe non-discriminatoire OMC (NPF).

Taux de change et marché des changes

Objectif
Définir taux de change · régimes fixe vs flottant · effets d'une appréciation/dépréciation
Devise : Monnaie étrangère (ex: dollar, yuan, livre sterling)
Taux de change : Prix d'une monnaie exprimé en une autre. Ex: 1€ = 1,08$ → le taux de change € en $ est 1,08.
Régime de change fixe (1944–1971)

Accords de Bretton Woods (1944) : toutes les monnaies ancrées au dollar, lui-même convertible en or (35$/once). Taux fixes → stabilité mais manque de flexibilité.

Fin en 1971 : Nixon suspend la convertibilité du dollar en or → début des taux flottants.

Régime de change flottant (depuis 1971)

Le taux de change se fixe librement sur le marché des changes selon l'offre et la demande de devises. Les banques centrales peuvent intervenir.

Acteurs : banques commerciales, banques centrales, entreprises, spéculateurs.

Effets d'une appréciation / dépréciation :
Situation Appréciation de la monnaie (€ monte) Dépréciation de la monnaie (€ baisse)
Pour les exportations❌ Produits nationaux plus chers pour les étrangers → Exports diminuent✅ Produits nationaux moins chers pour les étrangers → Exports augmentent
Pour les importations✅ Produits étrangers moins chers pour nous → Imports augmentent❌ Produits étrangers plus chers pour nous → Imports diminuent
Balance commercialeSe dégrade (X↓ et M↑)S'améliore (X↑ et M↓)
Qui fait monter/baisser une monnaie ?
Si des entreprises européennes achètent des yuans pour payer des fournisseurs chinois → demande de yuans augmente → yuan s'apprécie / euro se déprécie.
Offre et demande de devises sur le marché des changes = déterminant du taux de change.
Exemple interro — Le yuan : 1 yuan = 0,13€.
→ 1€ = 1 ÷ 0,13 ≈ 7,7 yuans : l'euro est plus fort que le yuan (il faut beaucoup de yuans pour acheter un euro).
Calcul : Avec 5€ → 5 ÷ 0,13 = 38,46 yuans
Le yuan s'apprécie si les entreprises européennes achètent des yuans (demande de yuans ↑).
Interro 2 — Q7 : Appréciation monnaie → produits étrangers moins chers pour résidents → imports↑ ; produits nationaux plus chers pour étrangers → exports↓. Q8 : Calcul yuan. Q1 vrai/faux : avant 1971 taux fixes = VRAI ; des entreprises achètent des yuans → yuan s'apprécie (pas l'euro) = VRAI.

Balance des paiements et IDE

Objectif
Présenter les composantes de la balance des paiements · IDE et rôle des multinationales
Balance des paiements : Document comptable qui enregistre toutes les transactions économiques entre un pays et le reste du monde pendant une période donnée.
Structure de la balance des paiements :
  • Compte courant = balance commerciale (biens) + services + revenus primaires + revenus secondaires
  • Compte de capital = transferts de capital, brevets
  • Compte financier = Investissements Directs Étrangers (IDE), investissements de portefeuille
  • Erreurs et omissions = ajustement comptable
Commerce belge (2023) :
Top 3 clients : Allemagne (19%), France (13%), Pays-Bas (12,8%)
Top 3 fournisseurs : Pays-Bas (20%), Allemagne (12,2%), France (9,9%)
Principaux exports : produits chimiques (25,3%), minéraux (13,6%)
Belgique = 16ème exportateur mondial (1,8% du commerce mondial)
Leaders mondiaux : Chine (15,7%), USA (9,4%), Allemagne (7,9%)
IDE (Investissements Directs Étrangers) : Investissements d'une entreprise dans un autre pays (création filiale, rachat d'entreprise). Motivations : réduire les coûts de production + conquérir de nouveaux marchés.
Multinationales : Entreprises présentes dans plusieurs pays. Elles profitent des différences de coûts (salaires, fiscalité) et de la taille des marchés. Critiquées pour : évasion fiscale, délocalisations, conditions de travail dans pays pauvres.

Impact environnemental du commerce international

Objectif
Citer effets positifs et négatifs · solutions pour réduire l'impact négatif
❌ Effets négatifs
  • Émissions CO₂ liées au transport (avion, cargo maritime)
  • Déforestation pour produire des matières premières (soja, huile de palme)
  • Fuites de carbone : délocaliser la production polluante vers des pays moins stricts
  • Surexploitation des ressources naturelles
✅ Effets positifs
  • Diffusion des technologies propres (énergies renouvelables)
  • Accès aux matières premières critiques (lithium pour batteries)
  • Spécialisation peut réduire la consommation totale de ressources
  • Normes environnementales exportées via accords commerciaux
Solutions pour réduire l'impact négatif :
  • Taxe carbone aux frontières (mécanisme d'ajustement carbone de l'UE)
  • Accords internationaux (Accord de Paris, COP)
  • Normes environnementales dans les accords commerciaux
  • Étiquetage et traçabilité des produits importés
  • Relocalisation stratégique de certaines productions (circuits courts)